Communiqué (19/12/05)

 

 

GEORGE W. BUSH :
BAS LES PATTES AU VENEZUELA !

 

Les partis d’opposition vénézuéliens (AD - ex social démocrate - et COPEI – ex chrétien social, notamment) ont préféré boycotter les élections législatives plutôt que prendre la raclée que leur promettaient les sondages : ils n’auraient récolté qu’à peine un quart des sièges.
Deux raisons :


1. Le « Venezuela d’en bas », négligé par tous les gouvernements qui se sont succédé depuis le rétablissement de la démocratie en 1959 vote massivement pour Chavez qui multiplie les réformes sociales financées par la hausse du prix du pétrole.


2. L’opposition est incapable de présenter un programme cohérent. Elle n’est unie que sur un point : la haine quasiment pathologique de la bourgeoisie à l’égard de Chavez. Elle ne supporte pas que les pauvres soient au pouvoir. Un véritable crime de lèse-majesté.


Avec l’appui de George W. Bush, sa stratégie se limite à tenter de discréditer et de déstabiliser le régime populiste de Chavez. C’est pourquoi elle tente une fois de plus de faire croire que la démocratie est menacée. La commission électorale ne serait pas neutre et les élections ne seraient pas honnêtes, affirme t’elle.


Cette stratégie a échoué à plusieurs reprises.


En 2002, la droite a fomenté, avec le soutien des américains, un coup d’Etat qui a duré 24 heures. Le temps de procéder à des arrestations massives de militants de gauche et de syndicalistes. George W. Bush a immédiatement donné son appui aux putschistes, mais le peuple des bidonvilles est descendu dans la rue et l’armée a préféré destituer les putschistes plutôt que se laisser entraîner dans une guerre civile.


En 2003, toujours avec le soutien de Bush, la droite a saboté le fonctionnement de l’industrie pétrolière pour tenter d’asphyxier l’économie et faire tomber Chavez. Une sorte de « putsch économique » qui a coûté cher au pays – surtout aux plus pauvres – mais qui a encore échoué.


En 2004, la droite a provoqué un référendum – prévu par la Constitution – pour chasser Chavez de la présidence. Une fois de plus, elle a échoué et une large majorité des Vénézuéliens ont voté contre elle.


Tout cela ne veut pas dire que Chavez soit le meilleur président possible pour le Venezuela ni que sa politique à long terme transformera le pays en démocratie sociale et prospère. Mais le « Venezuela d’en bas » lui est totalement attaché 1) parce qu’il s’occupe des pauvres, 2) parce qu’il résiste aux Etats-Unis.


C’est précisément ce que les Américains ne peuvent pas supporter.


Un peu comme la France soutient les dictateurs africains de son ancien Empire colonial, les Etats-Unis ont une priorité en Amérique Latine : barrer la route à la gauche indépendante de Washington et des grandes sociétés U.S. Au besoin à coup de putschs et d’interventions militaires comme au Guatemala (1954), au Brésil (1964), en République Dominicaine (1965), au Chili (1973), etc.


Aujourd’hui, c’est moins facile. La majorité des pays sud-américains sont gouvernés par la gauche et, second facteur, la détestation de la politique de Bush est devenu universelle et un putsch U.S. au Venezuela serait catastrophique pour les intérêts américains à l’étranger et même pour la sécurité des businessmen et des résidents ou touristes des Etats-Unis un peu partout sur terre.


George W. Bush, un bon conseil, bas les pattes au Venezuela !