
Communiqué (14/07/05)
AVEC GEORGE W. BUSH,
IL N’Y AURAIT PAS EU DE SCANDALE DU WATERGATE
On a appris récemment que les journalistes du quotidien « Washington
Post » qui ont révélé l’affaire du Watergate,
qui a mené à la démission de Nixon, avaient obtenu leurs
informations grâce à un responsable du FBI qui avait des comptes
à régler, Mark Felt. Pendant 30 ans, le nom de l’auteur
de ces « fuites » est resté secret.
Impossible aujourd’hui.
Deux journalistes ont été condamnés à une peine
de prison parce qu’ils refusaient de donner le nom de leurs «
sources », Judith Miller, du New York Times et Matthew Cooper, du magazine
Time. Time a cédé, et révélé les sources
de son journaliste. La raison est simple : la maison mère de Time,
Time Warner n’a pas intérêt à se brouiller avec
l’administration Bush au moment où elle demande l’autorisation
de racheter une société de télévision par câble
en faillite, Adelphi. Exit la liberté de la presse.
Première conséquence de cette nouvelle politique judiciaire
à l’égard de la presse. Un quotidien régional,
le « Plain Dealer » de Cleveland (Ohio) (1) a annoncé qu’il
renonçait à publier deux articles d’une « importance
capitale » pour ne pas être obligé de révéler
ses sources. Les Américains ne seront donc pas informés. Bush
peut dormir tranquille.
Richard Nixon n’a pas eu cette chance. Les deux journalistes d’investigation,
Woodward et Bernstein, qui ont fait leur travail et provoqué sa démission,
auraient été muselés si la justice américaine
avait été aux ordres du parti républicain comme c’est
le cas aujourd’hui. Bush, lui, pourra continuer à mentir impunément.
(1) « International Herald Tribune », 11 juillet 2005, p. 9 (voir aussi p. 11)