
Communiqué (16/05/05)
C’est la faute à Bush !
LA RÉPUBLIQUE DE TUVALU
DEMANDE L'"ASILE CLIMATIQUE"
Inutile de chercher la République de Tuvalu dans le Balkans, quelque part entre la Syldavie et la Bordurie. C’est le nom que portent depuis le 1er octobre 1978 les îles Ellis qui ont fait sécession du territoire des Gilbert et Ellis, bien connu des collectionneurs de timbres des colonies britanniques dans l’Océan Pacifique.
Situées à distance raisonnable des île Fidji, l’Etat
de Tuvalu, qui n’est pas à proprement parler une république,
car son chef est toujours la reine Elisabeth, couvre une superficie terrestre
de 25 kilomètres carrés (50 fois celle du Vatican) et compte une
population, à 96 % polynésienne, d’environ 11.000 habitants
dont la moitié sont concentrés dans la capitale, Funafuti. Pour
plus de renseignements, consulter le site Internet www.tuvaluislands.com.
Tuvalu présente la caractéristique d’être composée
de 9 atolls dont les pics les plus élevés ne dépassent
à aucun endroit l’altitude vertigineuse de quatre mètres
cinquante.
Or, nous apprend le quotidien « International Herald Tribune » en
date du 11 mai 2005 (p. 8), les scientifiques les moins pessimistes estiment
que le niveau des océans montera d’environ 30 centimètres
d’ici à 2050, réchauffement de la planète oblige.
Pas de quoi noyer les sommets les plus élevés de Tuvalu, mais
suffisamment pour obliger les citoyens de ces îles à embarquer
leurs matelas sur des canots pneumatiques sur la majeure partie des atolls.
Très logiquement, le gouvernement de Tuvalu a officiellement demandé
à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande, éloignées
d’à peine quelques milliers de kilomètres, d’accorder
à ses citoyens le moment venu ce qu’on pourrait appeler l’
« asile climatique ».
Grand merci à George Bush, qui a refusé de faire ratifier le protocole
de Kyoto et s’interdit de prendre la moindre mesure tendant à économiser
l’énergie – pas question de faire de la peine à ses
amis du lobby pétrolier. Car, bien sûr, c’est l’Amérique
qui est la première responsable du réchauffement de la planète
qui fera bientôt des citoyens de Tuvalu (comment les nomme-t-on ?) des
« réfugiés climatiques ».
Note : les auteurs de l’article proposent que les pays les plus pollueurs absorbent l’émigration forcée en provenance des pays les plus proches du niveau de la mer (comme le Bengladesh) en proportion de leur contribution à l’effet de serre. Ce qui représenterait entre 150.000 et 500.000 immigrants par an pour les Etats-Unis d’ici à 2075…