
Communiqué (14/03/05)
COMMENT FAVORISER LE TERRORISME:
MODE D'EMPLOI (SUITE)
L’Amérique de Bush poursuit les terroristes partout sur terre, y compris là où il n’y en a pas, mais elle leur ouvre par ailleurs tout grand ses portes. On l’a vu à propos des ports de mer qui sont aussi mal surveillés que possible.
Trois articles du quotidien « IHT » des 9/3/05 (p. 2) et 10/3/05
(pp. 6 et 7) révèlent que le laxisme de la droite américaine
ne s’arrête pas là.
L’un des lobbies les plus actifs de la constellation Bush est celui de
la « National Rifle Association » (NRA) qui regroupe les fabricants,
les vendeurs et les porteurs d’armes à feu. La NRA lutte efficacement
depuis des décennies contre toutes les tentatives qui ont été
faites pour limiter la vente et le port d’armes.
Elle a réussi à mobiliser des personnalités connues, comme
l’acteur Charlton Heston, qui a été son président,
mais elle compte surtout sur ses généreux donateurs de l’industrie
des armes et sur le fanatisme de ses trois millions de membres qu’elle
mobilise à chaque élection (on peut consulter son site nra.org).
La NRA et ses alliés de droite s’appuient dans leurs campagnes
sur une lecture dévoyée du deuxième amendement à
la Constitution américaine (adopté en 1791). Celui-ci affirme
– on sortait de la guerre d’indépendance contre l’Angleterre
- qu’ « une milice bien organisée et contrôlée
(« regulated ») est indispensable à la sécurité
d’un Etat libre » et que, donc, on ne doit pas interdire aux citoyens
de disposer d’une arme. Les « pères fondateurs » de
la Constitution U.S. auraient-ils été d’accord pour qu’un
illuminé d’extrême-droite, William Krar (IHT, 10.03.05, p.
7) utilise le 2ème amendement afin d’accumuler un stock de 25 mitrailleuses
et autres armes, 250.000 cartouches, 60 bombes artisanales et assez de produits
chimiques pour tuer des centaines de personnes ? On peut en douter. (1)
Mais, pour la NRA, pas de problème.
Les services chargés de la lutte antiterroriste et notamment le FBI sont
catastrophés. Ils ont bien demandé un minimum de précautions
à l’administration Bush. Par exemple le droit d’interdire
à des individus suspectés d’être des terroristes d’acheter
des armes.
Refus. Au nom du droit à la protection de la vie privée, le premier
ministre de la justice de Bush, John Ashcroft, n’a pas permis au FBI de
comparer les listes d’acheteurs d’armes avec sa propre liste de
1.200 détenus soupçonnés d’activités terroristes
!
(1) Les groupes d’extrême droite U.S., racistes et néo-nazis, comptent environ 100.000 membres. Le « pasteur » Matt Hale diffuse par exemple une « Bible de l’Homme Blanc » qui rejette les Juifs, les Noirs et autres déchets raciaux (« mud people ») et proclame que « le plus grand de tous les leaders blancs est – bien sûr – Adolf Hitler ! Mais le FBI ne peut pas interdire à un membre de ces groupes violents d’acheter une arme. Même si les cibles préférées de ces terroristes sont aujourd’hui des juges et des procureurs.