
Communiqué (22/11/04)
« LES STATISTIQUES MONTRENT QUE LE PRÉSERVATIF N'EST PAS RÉELLEMENT EFFICACE »
L’auteur de cette étonnante déclaration n’est autre que Randall Tobias, directeur du PEPFAR, autrement dit du Plan d’urgence présidentiel américain pour l’aide contre le sida (voir l’article de Khalil Elouardighi, membre d’Act-Up dans le « Monde » du 17/11/2004).
Si l’on en croit M. Elouardighi, 90 % des fonds dévolus
à la prévention du sida sont versés à des organisations
religieuses, « le plus souvent liées aux Eglises fondamentalistes
américaines » - celles qui ont puissamment aidé Bush à
se faire réélire dans des Etats-clés comme l’Ohio.
L’article donne notamment trois informations intéressantes :
1. Les ONG des pays en développement ne peuvent recevoir de fonds du
PEPFAR que si elle prouvent « qu’elles ne communiquent jamais sur
les possibilités d’avortement auprès de leurs patientes
».
2. « En Zambie, il aura fallu que le gouvernement arrête de fournir
des préservatifs aux lycéens pour que débute le programme
PEPFAR. »
3. Le directeur de PEPFAR est l’ancien PDG du géant pharmaceutique
Eli Lilly. Comme George W. Bush, il multiplie les obstacles à l’utilisation
des médicaments génériques, beaucoup moins chers pour les
patients et donc moins rentables pour l’industrie pharmaceutique.
La guerre acharnée que mène l’administration Bush, non seulement
contre le droit à l’avortement, mais aussi contre l’usage
du préservatif, est – sur ce second point – criminelle. Il
est évident en effet que cette politique se traduira par un nombre de
contaminations, encore beaucoup plus souvent mortelles dans les pays pauvres.
Bush est ainsi directement responsable de morts qui auraient peut-être
pu être évitées.
Les Tribunaux pénaux internationaux (T.P.I.) seront-ils amenés
un jour à juger les responsables de cette politique?