Communiqué (22/11/04)

 

AUTO-CENSURE (1)

 

Le 1er amendement à la Constitution des Etats-Unis protège la liberté d’expression. C’est lui qui permet par exemple aux groupuscules néo-nazis de défiler sous la bannière hitlérienne dans les rues des villes américaines. Les tribunaux leur donnent raison.


C’est donc par des biais que les Bushistes veulent museler les médias et les dissuader de diffuser des informations et surtout des images qui contredisent la ligne officielle. Pas question par exemple de montrer les centaines de soldats U.S. gravement blessés en Irak et qui étaient transférés dans des hôpitaux militaires américains en Allemagne.


Il s’agit d’intimider les médias. Ainsi, des juges fédéraux (ils sont souvent nommés par le président au pouvoir en fonction de leurs opinions) condamnent des journalistes indépendants parce qu’ils refusent de révéler leurs sources. Dans l’affaire du film « Il faut sauver le soldat Ryan », les stations locales qui refusaient de le programmer redoutaient les foudres d’une administration fédérale, la « Federal Communication Commission ». C’est elle qui avait sanctionné le réseau NBC qui avait diffusé les images du chanteur Bono qui avait laissé échapper un mot grossier lors de la remise des Golden Globes !


Ces attaques contre la liberté d’expression donnent des résultats. Dernier exemple en date : l’administration Bush a pu truquer la perception de la bataille de Fallouja sur deux points :


1. Contrairement à la thèse officielle du commandement US, les soldats de la nouvelle armée irakienne (pro-américaine) n’ont pas pris part à la bataille. D’ailleurs, quand ils ont paradé devant les caméras de télévision à la fin de l’opération, note un journaliste du Times, leurs uniformes étaient impeccables, propres et bien repassés. Difficile à croire qu’ils venaient de participer à des combats de rue…


2. Il est également faux que 1.200 à 1.600 « rebelles » aient été tués à Fallouja. En réalité, aucun journaliste n’a vu ces centaines de cadavres, affirment les rares reporters indépendants qui n’acceptent pas l’autocensure.
La grande majorité des combattants anti-américains avaient quitté la ville avant l’assaut.


Mais, évidemment, Bush ne peut pas crier victoire s’il n’y a pas eu de bataille, ou au moins de bataille acharnée.

 

(1) voir le quotidien « International Herald Tribune » des 20-21/11/04