
Communiqué (17/11/04)
LES VALEURS MORALES
revues et corrigées par George W. Bush
Bush a été réélu
malgré son bilan calamiteux grâce à une campagne particulièrement
efficace sur le thème des « valeurs morales ».
Deux articles (voir ci-après) publiés par le quotidien «
International Herald Tribune » donnent une idée intéressante
de la manière dont Bush applique ces « valeurs morales »
qu’il prêche aux autres avec tant de conviction. Ils illustrent
le « copinage » ou « népotisme » (en anglais
: « cronyism » que les américains critiquaient si durement
dans des pays asiatiques comme l’Indonésie et que les « néo-conservateurs
» U.S. (en anglais : « neo-cons ») pratiquent apparemment
dans leur propre pays.
Comment George W. Bush a-t-il fait fortune ? Pour le savoir, il faut étudier
son rôle dans l’achat et la revente d’une équipe de
base-ball, les Texas Rangers.
Première opération :
1. Un groupe d’investisseurs achète cette équipe en 1989.
Bush, dont le papa est président, apporte sa contribution : 606.000 dollars,
soit 1,8 % du capital de départ.
2. La ville d’Arlington, qui héberge les Texas Rangers, construit
un stade pour l’équipe aux frais du contribuable.
3. La valeur des Texas Rangers monte en flèche. Bush est élu gouverneur
du Texas. Le consortium revend l’équipe. Prix de vente : plus de
trois fois l’investissement de départ.
4. George W. Bush aurait dû empocher 2.300.000 dollars. Dans un accès
de générosité assez rare pour être cité, ses
associés décident de verser au gouverneur du Texas, non pas 1,8
% du prix de vente, mais 12 %, soit : 14,9 millions de dollars.
L’opération derrière la première opération
:
1. Comme beaucoup d’universités américaines, l’université
publique du Texas, reçoit des dons considérables d’anciens
étudiants qui ont fait fortune. Les sommes sont investies, elles font
des petits.
2. Une fois élu gouverneur, George W. Bush décide que la manière
dont ces sommes sont investies ne sera plus rendue publique.
3. Bush privatise les actifs de l’université à hauteur de
9 milliards de dollars et en confie la gestion à une société
sans but lucratif dirigée par Tom Hicks. Surprise ! C’est précisément
ce Tom Hicks qui a racheté l’équipe des Texas Rangers au
prix fort…
On comprend que les associés de Bush aient été reconnaissants.
Seconde opération :
1. L’achat – revente des Texas Rangers n’est qu’une
partie de l’affaire. Parallèlement, le consortium dont Bush faisait
partie se lance dans la spéculation immobilière.
2. Avec l’accord de la municipalité, qui est indispensable, le
consortium décide de faire exproprier par la ville un certain nombre
de terrains pour des sommes dérisoires.
3. Le journal cite l’exemple d’un propriétaire ciblé
par Bush et ses associés, Horace Kelton.
Le consortium fait exproprier son terrain par la ville d’Arlington au
prix d’un dollar cinquante le pied carré (il y a environ 11 pieds
carrés dans un mètre carré). Or la ville avait auparavant
payé un terrain à proximité… 10 dollars le pied carré.
Mais le consortium n’était pas sur l’affaire.
4. A la différence d’autres propriétaires, Kelton est allé
en justice. Le tribunal a finalement fixé le prix à 11 dollars
le pied carré. Sept fois plus
.* * *
Voilà résumés ces deux articles. Si l’on en croit
leurs auteurs, la devise de George W. Bush pourrait être : « faites
ce que je dis, pas ce que je fais. »
